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§8 février 1945. — Entrée solennelle de la I* Armée française victorieuse à Colmar. Le général de Lattre,
accompagné du général américain Milburn passe ses troupes en revue sur la Place Rapp (Photo S. C. A.).
conquiert le 3 février tout le terrain
englobé dans le triangle IIl et Rhin; le
4, il disloque le front ennemi et c'est la
conquete de Cernay, de Soultz, Gueb-
willer et l'audacieuse poussée de sa
gauche jusqu'a Rouffach, oùu se fera
le 5 février à l'aube la jonction
des ler et 2me C. A. Ainsi est realisé
l'encerclement des éléments allemands
qui combattent encore dans les Vosgés.
L'ennemi ne cherchera plus désor-
mais qu'aà évacuer le maximum de
troupes de la poche de Colmar. Sans y
réussir d'ailleurs, car les forces de la
1 Armée ne desserrent pas l'étreinte
Le 6 février, aprês avoir été encerclée
à la suite d'une succession de violents
engagements, la forteresse de Neuf-Bri-
sach tombe aux mains de l'infanterie
américaine. Des éléments de la 3“ divi-
sion américaine ont glissé entre Brisach
et le Rhin, les routes qui conduisent
aux passages sur le fleuve sont coupées
et l'ennemi fait sauter les ponts.
L'exploitation des blindés est entre-
prise immédiatement entre III et Rhin
en direction de Chalampé, dernier point
de passage restant à l'ennemi. Le 7 fé-
vrier les chars de la 1“ Division Blindée,
soutenus Par la 2 D. I. M., qui ont
traversé l'IIl à Ensisheim et Ruelisheim,
atteignent Fessenheim, où les rejoignent
ceux de la Division Leclerc. La victoire
est à portée de main et le 7, le général
de Lattre lance son ordre du jour N 6,
que voici:
„Officiers, Sous-Officiers, Capo-
raux et Soldats américains et fran-
Cais de la Première Armée Française.
Je ne veux pas attendre la fin
de cette äâpre et victorieuse bataille
pour. vous dire ma joie et ma recon-
naissance.
Depuis prèês de trois semaines, je
ne vous accorde aucun répit et de
nuit comme de jour, je vous crie
durement et sans cesse: En avant!
Il le fallait!
Nulle täche n'était plus impé-
rieuse, ni plus belle, que celle de
sauver Strasbourg et de libérer défi-
nitivement l'Alsace. Nulle täache
n'étalt plus féconde en résultats mi-
litaires et politiques. Nulle täche ne
méritait davantage votre générosité
et votre sacrifice.
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