http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/alsace_1946/0052
Les yeuæ elas
J'ai perdu la lumiéère,
Mais je garde en mon cœur
La vision premiéère,
Des femmes éet des fleurs,
Et mon regard s'élêve,
Dans son obscurité,
Vers le plus noble réve
De gloire et de beauté.
Quand je revins du combat, les yeux clos,
On me plaignait. J'ai dit sans artifices:
„Plaignez les morts qui dorment dans l'enclos
Sans avoir su les nobles sacrifices.
J'ai vu s'enfuir les canons ennemis
J'ai vu la gloire au front de nos armées.
Pourquoi me plaindre, alors qu'il m'est permis
De tout revoir les paupières fermées. »
Voici la place où je venais m'asseoir,
Près de Ninon, par l'amour embelli. . .
Quand de la vie elle atteindra le soir,
Je la verrai toujours jeune et jolie.
J'aurai les yeux de mes enfants pour voir
Le renouveau des êtres et des Cchoses,
Je vieillirai sans m'en apercevoir,
Et je mourai, sans voir mourir les roses.
Maurice Boukay
„SDREL“ MOLHOUSE
FONDEE en 1934
LE POSTE ALSACIEN
DE
QUALITE
Bureau de Vente et Usine
Atelier de Réparations
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