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Klötzlin, écuyer, mettant en valeur ses
biens d'Altenach. Son dernier descen-
dant masculin fut sans doute François-
Antoine, prévot du chapitre de St-Ur-
sanne, qui, en 1742, décéda à Arlesheim,
alors siège du chapitre de l'évèêchede Bale.
II ne resait Pplüus alors du'une femme,
Marie-Francçoise, mariée au conseiller
Jean-Ulric-Thomas de zZzaigelius, du
Conseil Souverain d'Alsace à Colmar.
Elle avait abandonné le vieux chäateau
familial, qui, doucement, tombait en
ruines. Le mobilier en fut vendu aux
enchères par Zaigelius lui-même dés
1769. Les enfants du ménage s'intéres-
sèrent encore moins à la vieille demeure
délabrée et le 7 juillet 1780. le fils ainé,
Marie-Jacques-Louis de Zaigelius Com-
missaire de guerre, employé au departe-
ment d'Huningue et y résidant, vendait
le tout à un parvenu, Charles-Jacques-
Donat Laurent, maitre de forges a
Grandvillars. Le lot consistait en un
chäteau non habité avec une maison y
attenant, une grange, une écurie et des
jardins. Mais le nouveau propriétaire
avait trop présumé de ses moyens finan-
ciers. En 1786, à la veille de la Révolu-
tion, il fit banqueroute et dut abandon-
ner le chäteau. On ne sait en quelles
mains il passa alors, mais de toute façon
la Reévolution passa l'éponge sur tous
les droits et privilèges. Comme personne
ne s'en occupait plus, les paysans com-
mencèrent à le démolir pour en affecter
les matériaux à la construction de leurs
propres maisons. Le reste fut englouti
par les eaux qui l'entouraient de toutes
Parts. Seuls les noms de cantons
«Schlossmatten- et «Hofackern» rap-
pellent encore le souvenir du vieux
manoir.
La vieille petite église paroissiale,
elle, a survécu à toutes les vicissitudes.
Sur la rive droite de la Largue. près de
l'ancienne voie romaine, le Herrenweg“,
au lieu dit Bonenloch, un sentier gravit
la colline sur laquelle s'élèéve la chapelle
Ste-Barbe. Les plus anciens du village
se rappellent qu'autrefois un sentier
dallé beaucoup plus large en permettait
l'accès. La masse blanche de la chapelle
contraste étrangement avec l'arrière-
plan sombre de la forèt. Un préau sou-
tenu par des colonnes de bois. deux mar-
ches formees Par d’anciennes Pierres
tombales où l'on reconnait le nom au-
jourd'hui encore répandu de Dietrich,
une simple nef à deux vitraux, un autel
ou tröne la patronne du sanctuaire, c'est
tout. Les pierres tombales proviennent
de l'ancien cimetière qui entourait la
chapelle, désaffecté au début du XIXme
s. et dont on employa la plupart des
pierres à la réfection de la nouvelle
église,. en 1891. Quant aux seigneurs du
village, ils se faisaient enterrer dans la
crypte. aujourd'hui comblée. Le presby-
têère avec ses dépendances s'élevait lui
aussi tout près de la chapelle et est
encore visible sur un plan de 1830 envi-
ron. établi par un géomètre de Gom-
mersdorf. Aujourd'hui, tout cela a dis-
paru. le seul souvenir qui en reste est
le fait que les prés entourant la cha-
pelle appartiennent toujours au curé.
II semble certain que les patrons-
fondateurs de la chapelle furent les
sires d'Asuel qui restèrent. jusqu'avu
XIVme s. les décimateurs du village.
A cette époque c'est-à-dire en 1384 au
plus ard. ils déléguèrent leurs droits à
la famille d'Altenach. En 1474. l'église
recut la visite des soudards du duc de
Bourgogne dqui pillèrent la sacristie et
les troncs. sans oublier d'emporter les
orpements. L'église fut remise en état
par Frédéric d'Altenach., comme c'’était
son devoir en qualité de patron. Elle
fut encore une fois restaurée en 1754.
où on lui ajouta un clocheton haut de
six pieds. qui a disparu aujourd'hul.
Depuis la guerre de Trente Ans,. elle
était devenue un lieu de pélerinage assez
fréquenté en partie à cause de la fon-
taine Ste-Barbe qui jaillissait non loin
dans la forêt, et dont les eaux avaient
la réputation de giérir certaines mala-
dies de la peau et des veux. La féête
patronale., célébrée le 4 décembre., don-
nait lieu à des cérémonies particulières.
En Alsace, le jour de sa féête, on coupe
une petite branche d'un arbre fruitier
dont on enlève ſournellement un bout
de la partie inférieure en aſoutant de
l'eau fraiche Cette branche doit fleurir
vers Noël.
L'äapre vent de la Révolution avant
balavé ce qui restait de la seigneurie
l'église qui en dépendait tomba à son
tour en désuétude., II est vrai que le
centre de gravité du village s'était dé-
placé sur la rive gauche de la Largue.
Bientöt les pavsans, imbus du nouvel
esprit, trouvèrent le chemin de la cha-
pelle trop long et trop pénible et de-
mandèrent l'érection d'une église située
au milieu du village. qui, cette fois.
devait avoir un caractère plutöt com-
munal. Leur vœu fut réalisé en 1810,
mais le clocher et le porche ne purent
être ajoutés qu'en 1850. En même temps,
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