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quer» les tours, en lui demandant une
garantie pour la solidité de son ouvrage
pour une durée de 10 ans. Le mauvais
état des tours était devenu alarmant et
présentait un danger d'écroulement.
L'architecte Ritter fut chargé en 1783
d'examiner le «Hahnaturm» (also zu
befürchten, dass grosses Unglück ent-
stehen könnte) qui portait à son som-
met le codg gaulois.
Les deux arcs-boutants du transept
sud construits Pour soutenir la tour
centrale, faisaient souvent l'objet de
longues délibérations, de sorte due le
maire de Guebwiller, dans sa lettre du
22 avril 1831 demanda à l'architecte du
département du Haut-Rhin, de visiter
l'église et de faire une expertise. Celui-
ci dans sa réponse, et après examen,
proposa de démolir les deux arcs-bou-
tants en question. II recommanda toute-
fois, avant l'enlèvement, de placer trois
tirants sur les trois côtes du transept,
d'entourer la partie supérieure de la tour
d'un cercle de fer, de mastiquer les joints
et de prendre toutes les précautions né-
cessaires pour cette entreprise délicate
et difficile. La dépense se montait à
1086 fr. 50. Cette proposition souleva en
ville de vives protestations et deux mem-
bres du conseil de fabrique, Ambroise
Vogelweith et J.-B. Weckerlin (teintu-
rier), dans une lettre du 26 aoüt 1831,
adressée au maire, s'élevèrent énergique-
ment contre la décision du conseil mu-
nicipal. Ce clocher, disaient-ils, fendu
en divers endroits, ne manquera pas, tôt
ou tard, de crouler si on enlèéve les arcs-
boutants, et les maisons voisines seront
écrasées par sa chute. Cette affaire resta
donc en suspens et on ne fit que les ré-
parations les plus urgentes. Plus tard, il
y eut échange de lettres entre Guebwil-
ler, le département, et Paris; l'architecte
du gouvernement dressa plans et devis,
mais l'argent, encore une fois, fit défaut
pour de tels travaux.
Le 15 Ooctobre 1841, le préfet annonça
que l'église Saint-Léger était classée
«monument historique de France». A
cette occasion, et pour subvenir aux be-
soins des réparations à faire, des crédits
furent alloués par le gouvernement.
Mais le ministre de l'Intérieur ayant été
informé en 1847, que des décorations in-
térieures du plus mauvais gout avaient
été faites (ogives et ornements en pla-
tre, etc.), fit savoir du'il ne maintien-
drait les allocations promises qu'autant
que toute trace de cette déplorable dé-
coration aurait disparu. De plus, le mi-
nistre exprima au maire sa surprise et
son mécontentement, qu'il se fut permis
de faire exécuter de semblables travaux,
et le pria de les faire disparaitre.
D'ailleurs le crédit voté de 11.000 frs ne
suffisait pas pour mener tous les tra-
vaux prévus à bonne fin. On n'avait fait
jusqu'alors que quelques reprises aux
contreforts et aux soubassements, mais
la tour centrale surplombait de façon
alarmante; la façade et le porche dqui la
soutenaient, se trouvaient également dans
une situation inquiétante et les piliers
eêtaient rongés à leur base. Toutes ces
constatations peu réjouissantes resté-
rent à l'ordre du jour. L'abbé Charles
Braun, dans le journal «Kath. Volks-
freéund» du 8 aoüt 1849, blama sévère-
ment cet état de choses: „les enfants,
dit-il, ont cassé les tuiles et les carreaux
des fenêtres en y jetant des cailloux, et
l'église est exposée à tous les vents et
aux infiltrations des eaux de pluie». II
ne ménagea pas les autorités qui avaient
permis d'installer sous le porche un
corps de garde, fermé d'un cöôté par une
cloison en planches. L'abbé Braun donna
le bon exemple par des actes et fonda
avec l'abbé Althoffer une fenéêtre pour le
transept. Ils engagèrent les familles à
St-Léẽger. La statuette du trésorier
des donations semblables. Cette fenéêtre
seule fut exécutée, le curé Heinrich s'op-
posant à installer des vitraux aux frais
du conseil de fabrique. Sur l'ordre de
l'architecte Boeswilwald et avec auto-
risation du ministre de l'Intérieur, on
réserva un ancien vitrail en vue de sa
restauration par M. Petit-Gérard, pein-
tre-vitrier à Strasbourg.
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