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Le manque d'entretien et les vices
primitifs de construction compromirent
gravement l'existence des trois tours de
l'église.
En 1850, la ville s'imposa de lourds
sacrifices pour réparer ces tours qui
menaçaient ruine, et pour consolider
l'ensemble de l'édifice. II fallait agir
vite et bien.
Le préfet du Haut-Rhin, dans sa
lettre du 4 février 1851, fit savoir au
maire de Guebwiller que le devis dressé
par l'architecte des Monuments histo-
riques, se montait à 70.000 fr., et que
cette somme devait être entièrement
affectée aux travaux de consolidation de
la plus grande urgence: dépose et re-
construction de la tour centrale, reprise
des soubassements du chœur, consolida-
tion des tours de la facçade et du porche
occidental, changement complet du sys-
tême de toiture et réfection des me-
neaux. Il invita le conseil municipal à
y contribuer par le vote d'une forte sub-
vention, étant donné que l'église Saint-
Léger, un des plus beaux monuments de
l'architecture religieuse, représentait un
légitime sujet d'orgueil pour la ville. En
1859, les plans de restauration élaborés
Par M. Boeswilwald, architecte en chef
des monuments historiques de France,
furent exposés au Salon de Paris.
Un autre plan fut dressé en 1863 par
M. Hartmann, architecte du départe-
ment du Haut-Rhin sur la demande du
maire de Guebwiller; ce projet-esquisse
devait rendre à St-Léger, autant que
Possible, son aspect primitif. Ce plan n'a
pas été admis dans toutes ses parties par
M. Boeswilwald auquel la consolidation
de la façade et la restauration générale
parurent seules nécessaires. Les bas-
côtés, le chœur, l'abside et la sacristie,
quoique d'un autre style que l'église pri-
mitive, furent conservés.
Enfin, le 23 avril 1868, les travaux
de première nécessité furent adjugés à
M. Georges Stoecklin, entrepreneur à
Guebwiller, en présence de MM. Domi-
nique Munsch, adjoint au maire, Bour-
cart et Jehlen, conseillers municipaux,
Banmeyer, receveur municipal et Hart-
mann, architecte. On commençga à dé-
blayer les voutes de la nef et des bas-
côtés d'un amas considérable de décom-
bres accumulés pendant des siècles. Les
cloches furent descendues et remisées
proviscirement dans un hangar érigé sur
la place de l'église, puis les travaux
furent poussés avec activité. On débar-
rassa d'abord les façades latérales de
l'énorme toiture, de facon à dégager
toutes les anciennes fenêtres cintrées du
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premier étage de la grande nef qui reçut
ainsi un éclairage inattendu. La conso-
lidation des deux tours de face, dont
celle de l'horloge surplombait sensible-
ment et où les arcs du porche étaient
poussés au vide par la trop lourde charge
des maçonneries supérieures, se fit au
moyen de dix contreforts en pierre de
taille, relancés dans l'ancienne maçon-
nerie. Mais pour entreprendre leur cons-
truction, il fallut d'abord enlever les
anciens au nombre de cinq. Batis à des
époques différentes et de diverses ma-
nières cette démolition n'a pu s'effectuer
qu'aprèês un étayement complet et soigné
des deux tours jusqu'àâà hauteur des nou-
veaux contreforts. Les dessins à l'appui
de ces travaux ont été fournis par la
direction des Beaux-Arts et des disposi-
tions spéciales ont dú être prises pour
mener à bonne fin cette opération dif-
ficile et dangereuse.
La réception définitive de tous les
travaux et le décompte avec l'entrepre-
neur Stoecklin eut lieu le 16 octobre 1871.
Ainsi gräce à la compétence de M. Boes-
wilwald, à la bonne volonté des entre-
preneurs et aux zele des édiles de la
ville, la belle église de Guebwiller a été
sauvée d'une ruine menaçante. Pour
perpétuer ce formidable effort, M. l'abbé
Winterer fit sceller une boite en plomb
dans le dernier contrefort de la façade,
boite renfermant un manuscrit en latin
et quelques monnaies. Voici la traduc-
tion d'une partie de ce parchemin:
«LPan mil huit cent soixante neuf,
sous le règne de Napoléon III, M. Henry
Schlumberger étant maire de la ville
de Guebwiller, MM. Joseph Marchert et
J. -B. Hug, adjoints, M. l'abbé Winterer,
curé de la paroisse, a été terminée la
restauration générale de l'église Saint-
Léger, entreprise au mois de mai 1868
par Georges Stoecklin, sous la direction
de M. Aug. Hartmann, architecte des
bätiments de l'Etat à Colmar. Ces tra-
vaux, dont la dépense est de fr. 44.202,85
comprenaient:
1) La consolidation des tours de la
façade qui menaçaient ruine, au moyen
de l'addition de dix contreforts, dont
deux ont remplacé d'anciens, érigés en
1437 à la tour sud; la réfection complète
y compris les fondations du pilier d'an-
gle nord de la tour méridionale.
2) L'abaissement des toitures des
doubles bas-côtés qui depuis le XVI sié-
cle n'en formaient qu'une seule avec
celle de la grande nef et masquaient
ainsi les fenéêtres de cette derniéère.
3) Le jointement général des façades
extérieures et des flèches, y compris la
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