Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., J 3303,ti-1946
L'Alsace: Almanach 1946
Mulhouse, 1re Année.1946
Seite: 103
(PDF, 52 MB)
Bibliographische Information
Startseite des Bandes
Zugehörige Bände
Regionalia
Oberrheinische Kalender und Almanache

  (z. B.: IV, 145, xii)



Lizenz: Public Domain Mark 1.0
Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/alsace_1946/0113
leur Uvrer de l'argent etranger, pour

lequel sa part de l'agio obtenu fut de
55 %. En l'espace de vingt-quatre ans, 11
fut vendu ainsi plus de vingt millions de
Thalers, et le bénéfice due Fries réalisa
atteignit environ un million.

Comme nous l'avons vu, Fries avait
pris en 1752 la direction des fabriques
impériales de soie. Celles-ci ayant été
supprimées en 1754, 1i1 fonda lui-même,
avec un nommé Tagnola, à Doebling,
faubourg de Vienne, une usine de/velours
er de sole qui prospéra rapidement; 11
fut ainsi le fondateur de l'industrie de la
soie dans la capitale autrichienne.

Lorsqu'en 1756 l'Autriche s'allia à la
France contre la Prusse, il fut décidé
que la France verserait à son alliée pen-
dant toute la durée de la guerre dqui s'en-
suivit (la guerre de Sept ans) la somme
de trente millions de livres Par an. Le
prince de Kaunitz, chancelier de l'Em-
pire chargea en 1757, Fries de se rendre
à Paris pour s'entendre au sujet des mo-
dalités de ces versements; il fut con-
venu que la France palerait les sommes
en question à la maison de banque Net-
tine à Bruxelles, et que celle-ci les met-
trait au compte de Fries, à qui le gouver-
nement autrichien avait confié la gestion
de la caisse secrète (geheime Staats-
kasse), créée à cet effet.

En 1759, notre compatriote obtint la
direction de la vente des produits des
mines de l'Etat, fonctions qu'il remplit
jusqu'en 1783; là aussi son zèle et son
habileté lui firent réaliser d'importants
progrès, notamment pour la vente du
cuivre. En 1763, à la fin des hostilités,
Fries, qui avait déjà été anobli cing ans
auparavant, fut éleve à la dignité de
baron d'Empire. L'année suivante, il
épousa Anne d'Escherny (2), et à cette
occasion il se fit confirmer, selon une
ancienne coutume locale, son droit de
bourgeoisie à Mulhouse. En 1766, il re-
nonça à son exterritorialité et a son
droit d'entreposage; puis il fonda la mai-
son de banque Fries & C“ en s'associant
un baron Gontard; son apport dans cette
affaire fut de 300.000 fl., celui de son
associé de 50.000 fl. seulement. Le be-
soin d'activité qui l'animait lui fit créer
encore diverses autres entreprises les
années suivantes: une commandite à
Roustchouk, une maison d'exportation à
Constantinople, une société commeréeiale
sur le Danube pour la vente des produits
autrichiens; et, en 1777 ainsi dqu'en 1779,
il négocia des emprunts pour l'Etat. En
récompense de ses services, il fut nommé
en 1783 par l'empereur Joseph II. qui



avalt succeéde en 1780 à Marie-Therèse.

comte d'Empire.
Jean de Fries était arrivé maintenant
à l'apogée de sa carrière. Extrémement
riche, il venait de faire construire sur le
Josefsplatz, à Vienne, un palais (plus tard
palais Pallavicini) qui était un des plus
magnifiques de la capitale; outre cela, 11
possédait, aà une vingtaine de kiloméètres
de Vienne, le joli chäteau de Vœslau, et
il avait acquis les domaines seigneuriaux
de Dehnenlohe, d'Orth et d'Oberschwa-
ningen. C'est alors seulement, à l'àage de
soixante-quatre ans, qu'il songea aà s'ac-
corder quelques loisirs; mais il ne jouit
pas longtemps du repos si bien gagné
par une vie toute de travail, car, le
19 juin 1735, on le trouva mort dans un
étang du parc de Voeslau. On n'a jamais
su s'il s'était noyé par accident, ou Si
peut-être il s'était jeté à l'eau dans un
accès de mélancolie: hypothèse qui ne
concorderait guère d'ailleurs avec ce due
l'on sait de son caractéère.
De son mariage avec Anne d'Escherny
Jean de Fries avait eu huit enfants, dont
quatre seulement, deux fils et deux filles,
staient encore en vie au moment de sa
mort. L'ainé, Joseph, qui lui succéda,
avait alors vingt-deux ans. Esprit cultivé,
et enthousiaste d'art et de littérature, 11¹
ne fut pas plutöt en possession de son
héritage qu'il se rendit en Italie, ou il
passa près de deux ans. Là sa société
favorite fut celle des artistes et des let-
trés. Il eut entre autres l'occasion de voir
souvent Goethe, dont il avait fait la con-
naissance à Karlsbad, et auquel il rendit
maints services, soit en se chargeant de
lui faire parvenir à Naples sa corres-
pondance arrivée à Rome, soit en lui
facilitant l'accès de certaines collections
privées, telles due celle de pierres gra-
vées du prince de Piombino (3). Joseph
de Fries était lui-même grand collection-
neur d'objets d'art, et il fit entre autres
pendant le séjour de Goethe l'acquisi-
tion, pour 600 sedquins, d'une Madone
d'Andrea del Sarto, «tableau d'une in-
croyable beauté» selon l'expression du
Voyage en Italie», ainsi que celle d'une
statue antique représentant selon les
uns Paäris, selon les autres Mithra.
Comme son immense fortune lui per-
mettait de dépenser sans compter, les
marchands d'objets d'art l'assaillaient
de leurs offres, et il lui arriva aussi par-
fois de se laisser duper. „Nous regret-
tions, dit Goethe dans son Voyage en
Italie, qu'un riche amateur d'art animé
de si bonnes intentions ne fût pas tou-
jours servi par les hommes les plus

dignes de confiance L'achat d'une fausse


Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/alsace_1946/0113