Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., J 3303,ti-1946
L'Alsace: Almanach 1946
Mulhouse, 1re Année.1946
Seite: 112
(PDF, 52 MB)
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  (z. B.: IV, 145, xii)



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la suivait avec une barque, la tira par
une corde sur la rive opposée, où elle
ne tarda pas à reprendre ses sens. Elle
fut alors conduite dans un chäteau en
Suisse, ou elle vécut librement durant
trois années, recevant fréquemment la
visite de plusieurs de ses galants.

Lorsque le comte Guillaume de Ri-
beaupierre, le grand-bailli, apprit qu'elle
avait réussi à s'en tirer vivante, il fut
tres affecté de voir qu'un tel crime
n'avait point été puni comme il le méri-
tait. Aussi écrivit-il aux Suisses et à
d'autres autorités encore, car elle chan-
geait fréquemment de demeure, deman-
dant qu'on ne laissät point semblable
meurtrière en liberté, non seulement
parce qu'elle avait échappé à la peine qui
lui était destinée, mais aussi à cause de
l'exemple abominable qu'elle donnait à
d'autres, qui méritait qu'on la gardäât en
prison perpétuelle. Ce n'est qu'au bout
de trois ans que le dit seigneur obtint
satisfaction, et qu'il put enfermer et
conserver la criminelle dans le donjon
du chäteau du Haut-Ribeaupierre.

Elle demeura environ vingt ans dans
cette prison, où elle se faisait voir der-
rière les barreaux de ses fenêtres munie
de ses plus beaux atours. En l'an 1507,
elle parvint, gräce à des promesses
amoureuses, à obtenir du valet du chaà-
teau préposé à sa garde, un nommé
Philippe de Bacharach, qu'il la fit des-
cendre de la tour au moyen d'une
échelle, pour prendre la fuite et en user
ensuite de facon malhonnête» (Selon
les termes d'un document). Mais il fut
pris sur le fait et la femme aussitôt ra-
menée dans son ancien cachot. Le valet
devait avoir la tête tranchée; cependant
il fut simplement banni du pays sur la
pPrière expresse de plusieurs membres de
la noblesse.

Quand la dame de Hungerstein est-
elle morte? C'est ce que je n'ai pu déter-
miner sur la foi d'aucun document. Elle
était douée d'une beauté si extraordi-
naire et si avantagée de la nature qu'elle
incitait presque chaque homme à l'ai-
mer, telle une nouvelle Vénus. Mais on
la gardait avec un soin jaloux et on ne
laissait point monter aupreès de son
cachot les jeunes seigneurs de Ribeau-
pPierre, que leurs sœurs mettaient fré-
quemment en garde contre le venin et
les regards de ce serpent.» (6)

A ce récit, nous sommes à même de
joindre quelques précisions qui le com-
pléteront utilement sur plus d'un point.
Le chroniqueur Pierre d'Andlau nous
donne, a l'année 1498, la relation sui-

11²

vante: „Sébastien, fils du seigneur
Guillaume de Ribeaupierre, était un
gracieux damoiseau, connaissant son
français et son latin, et fort bien pris de
sa personne. Or, il arriva qu'il se mit à
jouer, ce dui le mena si loin du'il finit
par prendre la fuite. Son pèêre en fut
fort courroucé: il le fit capturer par ses
gens et l'enferma dans le donjon du
Haut-Ribeaupierre. Cependant, comme
le jeune homme était possédé d'un dé-
mon, on le conduisit à Widersdorff (7)
(Vergaville), où il fut exorcisé. Mais son
corps fut pris de gel, de telle sorte due
les jambes lui retombaient sur la téête,
et il fut enseveli en ce lieu, où il repose
encore à cette heure en la puissance de
Dieu. »

Cet épisode fort curieux est générale-
ment mis en relation avec l'histoire de
la dame de Hungerstein. La tradition
veut que ce ne soit pas le jeu, mais bien
la séduisante prisonnière qui ait tourné
la téête du malheureux jeune homme, et
qu'elle l'ait ainsi mené à sa perte, comme
elle le fit pour tant d'autres de ses con-
généres.

Dévoilons à présent le nom du gentil-
homme dont Luck désirait taire l'iden-
tité «pPour ne point faire tache à l'hon-
neur de sa famille-, et qui se rendit
coupable de l'enlêévement de la criminelle
avec la complicité du bourreau. Celui-ci
n'était autre que Conrad de Laubgassen,
le plus vaillant chevalier de la Suisse;»,
dont les exploits furent naguère chantés
par les poêtes Gottfried Graff et Velten
Stacher, à la suite d'une action d'éclat,
qui lui ouvrit le cœur de sa belle. Atta-
quée par un ours au voisinage du cha-
teau de Hungerstein, celle-ci eüut été
infailliblement dévorée par le fauve si
le valeureux gentilhomme, survenant à
l'improviste, n'avait tué la bête d'un
audacieux coup de poignard. Ce haut
fait fit grand bruit dans la région, et
les enfants eux-méêmes cherchaient à se
montrer les émules du vaillant chevalier
en pratiquant un jeu nouveau, celui du
„«Küngoltenbär» (l'ours de Cunégonde).

Notons en outre qu'un autre figurant
du drame, l'intendant Thiébaut Loch-
mann, semble avoir eu des attaches très
proches avec les chätelains de Guebwil-
ler; les documents lui donnent, en effet,
pour femme Suzanne de Hungerstein,
dont certains généalogistes ont voulu
faire la propre sœur du malheureux
Guillaume. (8) Quant à nous, nous croy-
ons plus plausible de la rattacher de la
main gauche seulement à cette noble
lignée.


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