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négligemment sous le poids de l'enfant.
Le riche manteau de la Vierge qui en-
toure somptueusement l'avant-bras de
la statue ainsi que la trilogie des plis
hardis mais cependant gracieux du
manteau qui anime le côté gauche de
la Vierge, rehaussent encore l'éclat et
la richesse exceptionnelle de l'ensemble.
Vierge gothique de St-Amarin
(vers 1500)
Fig. 3.
La statue sculptée en bois de tilleul est
creusée au dos et a presque la grandeur
naturelle, mesurant environ 150 cm de
hauteur. Voici les renseignements qui
ont pu être recueillis au sujet des évé-
nements qui ont entouré cette statue
durant les derniers lustres de son exis-
tence. Lorsque le curé-doyen A. Hun-
tziger arriva à St-Amarin, en 1892, cette
statue était placée dans une armoire
vitrée des trois côtés, suspendue à pPro-
xXximité de la chaire de l'église actuelle.
II la prêta selon ses communications
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personnelles à la commune de Mitzach
où elle était conservée en face de
l'église actuelle dans l'ancienne cha-
pelle, exposée aux pieuses dévotions
de la population. Après que l'église ac-
tuelle avait été construite sur l'initia-
tive du chanoine Huntziger, en 1898, on
constata que cette ancienne statue ne
s'adaptait guère au stile moderne de ce
nouveau bätiment et la statue fut re-
tournée à la paroisse de St-Amarin. Le
chanoine Huntziger la mit ensuite à la
disposition des sœurs des malades, qui
l'on fait restaurer et redorer quelques
années avant la guerre, vers 1910, par
le maitre peintre Nopper de St-Amarin.
Les sœurs la placèrent ensuite dans leur
petit oratoire. Ici la statue a d céder
so place à une statue moderne en plaätre
et fut placée dans un coin pour ne res-
sortir dqdu'une fois Par an, le jour de la
Féte-Dieu, pour resplendir dans toute
son ancienne beauté sur le reposoir de
la place des écoles. érigé par les sœurs
des malades. L'origine de cette très belle
statue et notamment son emplacement
primitif sont incertains. Il est peut-être
pPermis d'admettre qu'elle provient de la
chapelle de la Vierge (Marienkapelle)
décrite encore en 1647 par l'abbé Ger-
ram dans sa fameuse «Description des
églises et chapelles de St-Amarin ». Cette
chapelle, située au voisinage direct de
l'ancienne collégiale (probablement à
l'emplacement appelé aujourd'hui «„Le
Migger») se trouve déjà mentionnée en
1254 et avait été dotée en 1427 d'un nou-
vel autel. Ce dernier, três riche en sculp-
tures et peintures, avait été, par égard
à l'état délabré de cette chapelle, trans-
porté vers 1640 à la collégiale et effec-
tivement peu de temps aprés ce trans-
port la chapelle de la Vierge est tombée
en ruines, dont elle ne devait plus res-
susciter. II est probable que la statue
de la Vierge est restée conservée depuis
cette époque jusqu'en 1892 à l'église de
St-Amarin.
Quant aux emblèmes de l'archiconfré-
rie du rosaire, représentant les mystères
joyeux et douloureux, ces derniers aprés
avoir passé un Tong et poussièreux som-
meil aux combles de l'église de St-Ama-
rin, forment aujourd'hui un des décors
principaux du musée local de cette ville,
auquel ils ont été confiés à titre de prét
par la bienveillance de la fabrique de
l'église du chef-lieu de canton. (Fig. 4.)
Mais revenons à l'activité paroissiale
de l'infatigable abbé Stippich telle qu'elle
ressort de ses notes manuscrites.
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