http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/berthier1893/0023
SON EXISTENCE REELLE
ses yeux elle ne paraissait pas fille d'un mortel, si elle ne
l'était en réalité 1 ; comment il se trouble à sa présence 2 ;
comment un si grand nombre d'autres détails imaginés
hors de propos, si une existence ne les explique.
Qu'ajouter encore à ces preuves ? Dante compare Bice
à Vanna, à la gracieuse Primavera, qui elle aussi a vécu.
Il écrit :
Guido, je voudrais que toi et Lapo et moi
Nous fussions pris par enchantement,
Et mis dans un vaisseau, qui à tout vent
Sur mer irait à votre gré et au-mien,
De telle sorte que la fortune ou le temps mauvais
Ne put nous faire obstacle,
Et que vivant toujours dans un même vouloir
Le désir d'être ensemble grandît toujours :
Et que Monna Vanna et Monna Bice...
Avec nous 3...
Et ailleurs :
Je vis monna Vanna et monna Bice venir....
Amour me dit : Celle-là est Primavera 4.
Ainsi chantait Dante tout jeune encore. Il serait difficile
d'expliquer comment il voudrait se trouver avec sa seule
science auprès de ses amis, qu'accompagneraient des
femmes qui n'avaient rien de fictif.
1 Vita Nuova, i. = 8 Ibid., in. = s Guido, vorrei che tu e Lapo' ed io —
Fossimo presi per incantamento. — E messi in un vascel, ch'ad ogni
vento — Per mare andasse a voler vostro e mio. — Si che fortuna od
altro tempo rio — Non ci potesse dare impedimento : — Anzi vivendo
sempre in un talento — Di stare insieme crescesse il disio. — E monna
Vanna e monna Bice poi... — Con noi... Son., i. Primavera était la
Giovanna di Guido. = 4 lo vidi monna Vanna e monna Bice venire...
— Amor mi disse: Quell' è Primavera. Vita Nuova, xxiv, édit. Casini.
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