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LE MESSAGER
DE L EST
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Champs et prairies. — On CAALENLDRIER D
récolte le chanvre, le lin, le
IUIE IARDINIER Jardin. — On sème la mâ-
che dans une exposition abri-
houblon et la semence de
trèfle. On commence l'arra-
chage des pommes de terre
et la récolte du mais. On
choisit tout de suite les
pommes de terre de semence.
On conduit le fumier dans
les champs et on prépare
ceux-ci pour les semailles. A
partir de la mi-septembre, on
procède aux semailles du sei-
gle d'hiver. On cueille les
feuilles du centre et du haut
dans les champs de tabac.
Après le fauchage du regain,
on cure avec soin les fossés
et on entretient les travaux
d'irrigation. On recolte le
houblon, que l'on sèche avec
beaucoup de soin.
„
Arbres fruitiers et vignes.
— On effeuille les ceps, sans
toutefois trop exposer les
tée, ainsi que la laitue pom-
mée et les choux-fleurs, pour
les repiquer au printemps. On
plante les choux pommés
blancs d'York, choux pain de
sucre, choux pommés frisés
et autres variétés résistantes
au froid. On déterre les ra-
cines de céleri, de persil et
de poireau, pour les conser-
ver dans une caisse pendant
l'hiver. On empote les jacin-
thes et les renoncules, et on
met les oignons à fleurs en
terre.
Travaux d'intérieur. — On
aère les séchoirs à tabac; on
secoue et retourne souvent
les guirlandes, pour les em-
pêcher de sécher trop rapi-
dement. On nettoie les caves
pour la récolte des pommes
de terre et des betteraves.
Animaux domestiques. —
raisins aux rayons solaires.
On donne de l'air aux raisins
qui se trouvent près de terre. On cueille les fruits hatifs
huit ou dix jours avant leur maturité et on les pose dans
un endroit aéré. On enlève les nids à chenilles.
On fait pâturer les béêtes à
cornes dans les chaumes. On ne doit pas conduire le
bétail dans les tréflières, tant que celles-ci sont encore
humides de rosée.
Vieilles traditions provinciales
LA FETE DII BIOII A ARBOIS
«A Arbois, on y rit, on y sonne, on y boit.» De fait,
ce pittoresque bourg jurassien, coquettement planté entre
deux monts, est pétillant de gaieté, d'insouciance et de
joyeuse humeur. Un écrivain franc-comtois écrit avec une
finesse exquise: «Arbois sonne en Comté et un peu ail-
leurs ainsi qu'un refrain bachique; c'est un nom mousseux
comme son vin jaune.» C'est à ce vin, d'une saveur toute
spéciale et bien connue des gourmets, qu'Arbois doit son
renom depuis tout temps. Un beénédictin, Dom Simplicien
Gody, n'a-t-il pas écrit, il y a quelques siècles:
Petite ville, tu n'as point
Ta rivale, le verre au poing
Dont le bois tortu fait la gloire.
Le bois tortu! Le bois des vignes, de ces vignes serrées
les unes contre les autres, à l'aspect souriant, et qui, au
coucher du soleil, prennent des tons chauds et d'une va-
riété infinie. Elles sont la fierté des habitants, presque
tous vignerons, qui chérissent leur terre, leurs coteaux se
couvrant à l'automne de grappes pourpres et dorées. Aussi,
tiennent-ils avec un amour jaloux, avec peut-être aussi un
certain orgueil, à continuer la tradition de leurs ancètres
et à fêter avant les vendanges, le« Biou*.
Le « Biou» est une énorme grappe formèée d'une cen-
taine de petites, les premières et les plus belles de la ré-
colte naturellement. Le premier dimanche de septembre, à
l'entrée de la ville, les vieux et les jeunes — les vieux sur-
tout qui contemplent leur œuvre et se souviennent aussi
avec une douce émotion du temps où Pasteur, dont ils
sont presque aussi fiers que de leur cru, était présent à
cette franche réjouissance populaire, — tous se réunissent,
chacun ayant mis ses plus beaux habits. La grappe gigan-
tesque est garnie à son sommet, par les mains habiles d'une
jeune vigneronne rougissante, de fleurs et de drapeaux, ce
qui lui donne un air plus avenant et moins sévère. Sou-
dain, on se tait: le moment est solennel. Les cloches et
les carillons de la paroisse lancent à toute volée leurs sons
joyeux. Quatre hommes s'avancent. Ils prennent le
«Biou» sur leurs épaules et vont le promener par toute la
ville, tandis que quelques violoneux ouvrent la marche.
Puis viennent les gardes-fruits tenant une longue pique
au-dessus de laquelle se dressent un pélican se donnant en
nourriture à ses enfants (les armes de la ville) et un bou-
quet de grappes et de feuilles de vigne d'un vert tendre.
Les autres suivent solennellement en procession. IIs s'avan-
cent lentement, avec respect, l'air heureux. Néanmoins, on
rit, on parle, on raconte avec une malice toujours en éveil
quelques bonnes histoires du passé. Certes, c'est un deéfilé
original et curieux qui fait songer à ceux de jadis, d'il y a
longtemps, et un touriste égaré, ce jour-là, dans ce char-
mant petit coin, se croirait aisement revenu aux temps pri-
mitifs. Enfin on arrive devant l'église qui semble«un fla-
con poudreux des bonnes années, vu de partout comme
une réclame, avec son campanile en forme de carafon et
sa forte assise en panse évasée ». Ils sont foncièrement
pieux les Arboisiens, et la fête n'existerait pas si le Bon
Dieu en était exclu. Les portes s'ouvrent, pieusement on
se découvre, et, les orgues entonnent «„la chanson d'Ar-
bois», le long serpentin se déroule jusqu'au chœur. Là, le
«Biou» est suspendu à la voù½te et y restera en signe
d'hommages et de remerciements pendant plus d'un mois.
La cérémonie finie, nos braves vignerons rentrent chez
eux, par petits groupes, se promettant un plantureux repas
et surtout une vieille bouteille de derrière les fagots. O. G.
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§ AlSACIENNES
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