Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., J 3458,id-1949
Le Messager de l'est: Almanach pour 1949
Colmar, 1949
Seite: 35
(PDF, 29 MB)
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LE MESSAGER DE L-EST

35

ferme comme sa voix. Bernard se leva pour prendre
congé, son röle était fini à la bastide.
— Vous ne reviendrez plus, s'exclama l'enfant
avec des yeux gros de larmes. C'est l'adieu pour de
bon!
— C'est l'adieu, mon pauvre Noré. Ainsi va la
vie.
Sur le rebord de la fenètre, il y avait le chapelet
de la grand'mère, un vieux chapelet aux grains
noirs dont elle récitait une dizaine entre deux re-
prises. L'artiste le désigna du doigt au petit.
— Tu es gentil. Si tu veux l'être tout à fait, tu
diras de temps à autre quelques «Ave» pour l'em-
pereur. Une prière d'enfant, cela porte bonheur..
Et une prière d'aieule .. Vous aussi, n'est-ce pas,
Madame, vous qui avez été si bonne, vous penserez
quelquefois au passant?
Les deux à qui on s'adressait promirent. Celle à
qui l'on ne demandait rien inclina aussi la tête gra-
Vement. .
Allons! II fallait s'en aller. Il fallait que l'étran-
ger s'en aille. Il n'avait que trop tardé déjà. Ainsi
qu'aux soirs joyeux, l'empereur pinça l'oreille de
l'écolier.
— Adieu! Tache d'être premier en histoire et
de bien aimer la France.
Brusquement il enleva le petit, l'étreignit une
seconde. Puis il se retourna vers la grand'mère, le
visage enjoué, s'nclina avec sa meilleure grace im-
périale. Rentrons dans la chimère, n'est-ce pas! II
ne s'agissait que d'un conte, un conte bleu que l'on
jouait ensemble. Que le dernier acte en soit doux et
leger comme le prologue, afin qu'il laisse à tous un
aimable souvenir.

— Madame, l'empereur met à vos pieds ses hom-
mages!
Après l'aieule, Violane. Que cet adieu-là était
donc difficile! Etait-elle émue, la jeune fille aux
fleurs? Qui s'en serait apergu? Deux ou trois res-
pirations plus courtes, le battement des longs cils,
une grace fière . . . Ah! qu'il l'aimait!
— Mademoiselle, dit Bernard, la voix un peu al-
térèe, je souhaite que vous soyez heureuse..
Il s'inclina sur les doigts frais qui sentaient le
jardin, se redressa très vite, poursuivit:
— Mademoiselle Violane, l'empereur regrette de
partir. Mais il faut qu'il aille à son devoir. Il gar-
dera bon souvenir de la côte provençale.
— Sire, releva Violane, car elle gardait de l'es-
prit au travers de sa peine, pourquoi appeler le bon-
heur un devoir?
Elle n'attendit pas la réponse, ajouta avec fer-
meté:
— Adieu, Monsieur Dalbret.
C'était fini. Il franchit le seuil. On l'accompagna
jusqu'à la terrasse. La mer était dans ses jours de
tendresse, d'un bleu diaphane, nette et lisse comme
le ciel. Ni nuages ni vagues. Un vent tiède, veloutè
de parfum, vous caressait le visage comme une
touffe d'œillets blancs. Des nids chantaient. Tout
le soir de printemps vous pressait d'être heureux..
L'empereur descendit les degrés de la terrasse. Une
fois dans l'allée, il se retourna pour emporter une
dernière vision. Violane était debout près d'une
urne sanglante, toute droite, toute blanche, avec
des yeux sombres. Dès qu'il se retourna elle sourit.
Il eut un adieu de la main.

... Alors il s'en alla vers la solituke. C. §.

LE CGLAS DES KuIINES

(En septembre 1944 les Allemands firent sauter à la mine
qui abritent les cloches. D'un point de la ville, on peut voir le champ de ruines de la nef
ce point, on entend sonner les cloches, on àa le sentiment que le son monte des ruines:

la Cathédrale de St-Dié. Seules subsistent les tours
sans voir les tours. Quand, de
d'où le titre de ces vers.)
St-Dié, ler novembre 1947

A Monsieur le Président FKRANCK,

Président de Cha

ambre à la Cour de Colmar,

Deodatien fidèle

Que lui vouliez-vous donc à notre cathédrale?
Les ans la respectaient, la mine en eut raison:
De la foi qui bâtit pour Dieu cette maison
Vous avez triomphé, à la mode vandale.

Et voici qu'en ce soir, soir de fin d'automne,
Les cloches oubliées ont retrouvé leur voix:
Oh, comme notre cœur se serre sous l'émoi
Quand l'invisible glas dans les ruines résonne!

Mais votre rage aveugle était sourde sans doute:
Des massifs piliers elle a fait des gisants,
Mais vous avez omis, dans votre acharnement,
Les cloches qui chantaient au dessus de la voute.

Est-ce un son illusoire, ou l'écho de vos cloches,
Ville d'Ys submergée, sanctuaire englouti,
D'où montent ces longs glas, sonnés par des esprits,
Qu'on écoute anxieux sur les rivages proches?

Non, les cloches sont là, et c'est leur voix qui porte
En ce soir de Toussaint la pensée de nos morts.
Est-il pour cet office un plus juste décor

Que ton corps mutile, 6 cathédrale morte?

Charles LANOUIE


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