Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., J 3458,id-1949
Le Messager de l'est: Almanach pour 1949
Colmar, 1949
Seite: 48
(PDF, 29 MB)
Bibliographische Information
Startseite des Bandes
Zugehörige Bände
Regionalia
Oberrheinische Kalender und Almanache

  (z. B.: IV, 145, xii)



Lizenz: Public Domain Mark 1.0
Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/messager_est_1949/0052
48

LE MESSAGER D E L'EST

jd fatté d'être pris pour un
Petit-fils de millionndire) . . .
mais il est trop vielx pour
Commencer d travailler, on
ne lJe voudrait nulle part
G'ailleurs d cause de son dgeé.
— Ah! Et quel dge d-t-iI?
demanda Roger curieusé-
Ment.
Gilbert hésitait d répondre
. . . DIIis, out d coub, Il se dé-
cida d lächer le 9grand mot
u'il ne voulait pas dire tout
de suite afin de ménager son
effet:
— Grand-pere d cent ans!
Prononga-t-il avec emphdase.
— Cent dqns! Tépétg Ro-
ger. U est centenadire? Ce
Est Pds Dossible! Tu me
Contes une blague!
— Pas du tout, dssurd Gil-
bert, Ce n'est Dds Une histoi-
16.
Et ta grand mere, elle
est dussi vieille que M. Bor-
deft?
–— Oh non! sempressa de
dire Gilbert, grand'mèêre n'a
Gue cinquante ans, et elle est
encore jolie, elle est bien
Plus jeune que son mari, elle
d Ia moitié de son dgeé.
Roger festait réveur. Avoir
un dienl centenaire, quelle
chance! Ef le petit g9argon
R'arrétdit plus de question-
ner Son dmmi sur Ce vénérd-
ble 9rand-pêre:
– Suelle figure a-t-il 2 Un
visage tout ridé, tout parche-
miné, sans doute?
— a la figure de tout le
mMmonde, affirma Gilbert. II res-
Ssemble d tous Jes hommes un
Ped vVienx. II Rd rien d'ex-
traordinaire. H n'’a aucune
Infirmité: il voit pien, il en-
tend bien, iU marche bien, il
mange bien et il boit encore
mMmielx.
— Cest un Phénomene;
Géclard Roger avec convic-
tion. Tu es bien heureux d'a-
voir un pareil grand-pêère!
— Bdh! ce n’est pas sl

vVienlx, Cent ans! fit Silbert
d'un air entendu. Mathusalem
d bien vécu plus de neuf
Cents ans!
— Celui-a est unique, dit
Roger, et puis, dutrefois, ce
n'étdit pas comme d présent.
On vivdit bplus longtemps
Parce qu'’on ne mangedit pas
de viande.
— Grand-pêre n’en mange
Pas non PIus le soir, Parce
Gu'ia une forte tension. Cela
Jui a bien réussi.
— Je te Crois.
Pendant que les deux amis
Causdient ainsi, plusieurs pe-
tits qgargons s'étaient rappro-
Cchés d'’eux, Id conversation
devint générale, et les ga—
mins apprirent bien vite, d
Jeur tour, Thistoire de M.
Bordet (e centenagire) de Ia
bouche méme de son peétit-
IIlS.
TPous étdient satisfaits ef
manifestaient avec bruit Jeufr
Curiosité de voir cet étre peu
banal. Les uns vouldient sim-
plement Vapercevoir, les du-
tres durdient voula lIui parler
et entendre ses réponses pour
Sdvoir quelle est Ia voix d'un
vieillard dgé d'un siécle, et
SI a bien toute sd tete. . .
Ce Tespectable vieillard
vint justement le jour sui-
vant d Linstitution Durand
Pour y chercher Gilbert. C’é-
tait par exception, le bPetit
gareon Tevenant tolljours
Sseul chez Iui d'habitude, mais
M. Bordet, passant dans Ia
Tne Par hasard de ce Côté-
JId, S'y étdit arrété, on eät dit
due lJe bon grand-pêre avait
deviné qu'on désirait ardem-
mMment le voir.
UI était entré dans Ia cour
DPour y Tejoindre Gilbert,; on
étdit en pleine Técréation,
dussitöt tous les jeux furent
dbandonnés, tous les regards
des enfants se tournéêrent vers
Jui. PLd'enl ne s'en doutait
PDasSs : On Vexamingit d fond!

pardissait extraordinaire-
ment jeunne et alerte. U por-
lait un Cchapeau de feutre
9Iis Cclair et un complet gris
foncé, ses cheveux étaient d
Peine Planes, ses joues ro-
868 . . .
— I est tres chic, mulrmti-
Trdient tous lJes éIlêves.
— II R'’d pas ldir vieux du
tout, déclard Alexis Villiers.
– I G air tres dimable,
djouta Léon Bogé, mais il
faudrait le voir de plus prés.
— I fdudrait surtout Ven-
tendre parler, appuya Roger
Pellant. Approchons-nous de
Iui, sous prétexte de deman-
der quelque chose d Gilbert.
Pes trois 9arons, dyant
Plus de toupet que les dutres,
Se approchéêrent alors du vé-
nérable vieillard et le dévo-
Terent les yeux.
A ce moment-Ia le surveil-
Jant, qui gardait les éIeêves
Pendant Ia récréation, vint
Parlerd M. Bordet de son pe-
tit-fils Gilbert, dont tous les
Professeurs étaient três con—
tents, sduf celui d'arithméti-
ue, l'enfant ne comprenant
Fien dux chifftes, avoudit-II.
Les 9dmins firent mine par
discrétion de s'écarter un peu
Pour ne Pas dvoir Vdir d’é-
Ccounter ce que disdit le sur-
veillant, mais is ne Perddi-
ent bpas un mot de la conver-
sation et surtout des paroles
Prononcées par le grand-pére.
Celui-ci s'exprimait trés bien
et sans Id moindre des diffi-
Cultés. I était étonnamment
bien conservé au moral com-
me du physiquée.
Comme I s'éloignait main-
tenant vers Id sortie dvec
Silbert:

— Eh bien, Gue fdisiez-

vous Id tous, dutountk de M.
Bordet? demanda le surveil-
Iant.
— Nous Te Contembplions
dvec admiration et surprisé,
Tépondit Alexis. C'est qu'il


Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/messager_est_1949/0052