Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., J 3458,id-1949
Le Messager de l'est: Almanach pour 1949
Colmar, 1949
Seite: 59
(PDF, 29 MB)
Bibliographische Information
Startseite des Bandes
Zugehörige Bände
Regionalia
Oberrheinische Kalender und Almanache

  (z. B.: IV, 145, xii)



Lizenz: Public Domain Mark 1.0
Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/messager_est_1949/0063
LE MESSAGERDE L EST 59

Laos vätt* Abeace
DANS LES. SIECLES PASSES

Rémin

CéuCECS .

Les anciens documents font bien la distinction
entre pâtres, bouviers, vachers, bergers et porchers.
Lorsque, dans cet article, nous parlons de tous ces
«gardes» en général, nous les désignons sous le
nom global de «pâtres*.
Leur profession était des plus anciennes, les
peuples vivant en nomades avant de se fixer défi-
nitivement dans une contrée et de s'adonner à l'agri-
culture. D'après nos documents les plus anciens, ils
étaient bien respectés et protégés. Cependant les
voies de fait sur un berger, un vacher ou un gar-
dien de juments étaient taxées d'une amende
double que celles sur un porcher. La vie d'un
“„Vrai berger, dont le troupeau compte au moins 80
brebis» et d'un gardien de juments était taxée à
40 florins, ce qui représentait une belle somme
dans ces temps reculés. Au moyen äge, les patres
étaient exempts des corvées et de la garde.
Les bêtes passaient jours et nuits dehors, aussi
longtemps qu'il était possible. Cet usage nous est
encore rappelé par des noms significatifs de cer-
tains districts ruraux, tel «„Saulager, Kuhlager»-
(camp des porcs, des vaches), ou Saulache (souille).
L'importance des päturages est soulignée par un
ancien dicton: «Le ciel est la meilleur eécurie.“
Comme preuve nous donnons la décision de l'In-
tendant Feydeau de Bron à Strasbourg, défendant
en 1732, aux bourgeois de Bischofsheim qui avaient
converti en champs des pâturages sur les hauteurs,
de les cultiver à l'avenir, les menaçant d'une
amende de 10 thalers.
Ce qui facilitait l'élevage en plein air, c'étaient
les biens communaux mis à la disposition de tous
les citoyens de la commune (Allmend), tant prés
que forêts. Les forêts cependant étaient interdites
aux moutons et aux chèvres qui préféraient les
feuilles des arbres à l'herbe maigre et moins bonne
que celle des prés. Sélestat défendit, vers 1400, de
conduire « des vaches ou autres bêtes» sur les prés
communaux avant la St-Gall sous peine de 1 shil-
ling pour une grosse ou de 4 pfennigs pour une
petite béte. De nos jours St-Gall est le dernier ter-
me pour le pâturage, d'après le dicton: «St. Gall
treibt die Kuh in den Stall?», St-Gall ramène la
vache à l'écurie. Un autre dicton veut qu'au prin-
temps les vaches soient ramenées des prés pour la

E
is

St-Georges (23 avril), parce que les prés commen-
cent à “préparer le foin»*. A certains endroits les
prés furent mis au ban, c'est-à-dire interdits pour
un temps déterminé. La rotule d'Orschwihr de l'an
1467 conférait au Maire de la colonge le droit d'in-
terdire les prés de St-Georges (23 avril) à la St-Jean
(24 juin), date à laquelle le foin devait être rentré.
Fauchés ou non, après St-Jean ces pâturages étaient
à la disposition des paysans sans qu'on eùt pu les
punir, s'ils usaient de ce droit. L'élevage en plein
air n'a plus lieu que sur les hauteurs de nos Vosges;
nos paysans de la plaine ne connaissent plus le
dicton: «Le ciel est la meilleure écurie.*
Les rotules des Cours colongères (Dinghöfe) ar-
rêtaient les droits des colonges et du seigneur ainsi
que le nombre des beêtes que chacun avait le droit
de confier au pâtre. Certaines de ces rotules parlent
de coutumes très intéressantes, p. ex. du «Mole»
ou « Mele», c'’'est-à-dire d'un bâton muni d'une
pointe à chaque bout. La rotule de Dettwiller de
l'an 1380 exige que le bouvier du seigneur possède
un bäton avec deux «„Melisen» qu'il placera sur
son pied et sous son menton, afin qu'il ne s'en-
dorme pas. La rotule de Sundhofen appelle ce ré-
veil“ gartisen, de gart qui signifie pointe, aiguillon.

Les documents parlent toujours du pâtre com-
munal; les habitants de l'endroit étaient donc con-
traints de confier leur betail à cet employé municipal
ou seigneurial. Nous lisons p. ex. dans les coutumes
du Val d'Orbey (1513): „Qui n'envoie pas ses
bêtes au päturage avec le troupeau communal, est
obligé de les retenir à l'étable à partir de la Chan-
deleur (2 février). Les contrevenants payaient “Ie
droit de St-Georges» qui aidait à alimenter la
caisse destinée à rétribuer le pâtre. A Lutterbach
l'abbé du couvent de Lucelle engageait le bouvier,
le berger et le porcher pour les troupeaux commu-
naux. Le seigneur de Keskastel et de Schopperten
affermait la charge de berger en 1773 pour ans.
Pendant ce temps, le berger n'avait pas le droit de
céder ses fonctions à une autre personne. II jouis-
sait de certains avantages sauf celui d'un logement
libre. On veillait à ne choisir que des paâtres sé-
rieux. Ils devaient préter serment comme tous les
employéês communaux. Le vacher d'Ammerschwihr


Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/messager_est_1949/0063