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LE MESSA GE R D E L'EST M 83
«cours de la guerre, n'ont fait, sous plus d'un rapport, que
«s'exaspérer. Que tout cela, et plus encore, puisse se conti-
nuer parmi les souffrances de l'heure présente, est un triste
«signe de l'esprit avec lequel les ennemis de l'Eglise traitent
«les fidèles, leur imposant, en plus de tous les autres sacri-
«fices, le lourd fardeau d'une amère angoisse pesant sur leurs
«Cconsciences.»*
Le message de 1942 était consacré à l'ordre inté-
rieur des Etats. Pie XII insiste surtout sur le déve-
loppement et le perfectionnement de la personne
humaine et dit entre autres:
„Qui veut que l'étoile de la paix se lève et se repose sur
la société doit rejeter toute forme de matérialisme qui ne
«VvVoit dans le peuple qu'un troupeau d'individus séparés et
sans connexion intime, considérés comme matière de pro-
priété et d'arbitraire;
„chercher à comprendre la société comme une unité in-
terne, grandie et mrie sous la
conduite de la Providence,
Saint-Siège, durant la guerre, analyse les bases
q'une vraie démocratie et montre que l'Tglise est la
protectrice de la vraie dignité et de la liberté hu-
maines.
«Si l'avenir appartient à la démocratie, un rôle de premier
ordre dans sa mise en œuvre devra revenir à la religion du
«Christ et à l'Eglise, comme messagère de la parole du Ré-
„dempteur et comme continuatrice de sa mission de salut.
«C'est elle, en effet, qui enseigne et qui défend la vérité;
c'est elle qui communique les forces surnaturelles de la gra-
ce, pour réaliser l'ordre des êtres et des fins établi par
„Dieu, comme fondement dernier et norme directrice de
toute démocratie.
„Par son existence même, l'Eglise se dresse en face du
„monde comme un phare resplendissant qui rappelle cons-
tamment cet ordre divin. Son histoire porte le clair reflet
de sa mission providentielle. Les luttes que, contrainte par
«l'abus de la force, elle a du
«soutenir pour la défense de la
unité qui, dans les limites à
liberté reçue de Dieu furent,
elle assignées et suivant ses
en même temps, des luttes pour
«caractères particuliers, tend,
«la vraie liberté de l'homme.
«gräce à la collaboration des
„ L'Eglise a la mission d'an-
diverses classes et professions,
«aux éternels et toujours nou-
veaux objectifs de la culture
«et de la religion;
«défendre l'indissolubilité du
«mariage, procurer à la famille,
«cellule irremplaçable du peuple,
«espace,
lumière, repos, afin
«qu'elle puisse remplir sa mis-
«sion de transmettre une nou-
«velle vie et d'’'élever les en-
fants dans un esprit conforme
à ses convictions
«„Vraies;
religieuses
renforcer
ou reconstituer, dans la mesu-
Cconserver,
rc de ses forces, sa propre uni-
té économique, spirituelle, mo-
rale et juridique; prendre soin
de faire participer aussi les
«domestiques aux avantages ma-
tériels et spirituels de la fa-
«mille; penser à procurer à
«chaque famille un foyer où la
vie familiale, matériellement et
«spirituellement saine, réussisse
à se manifester dans sa vigueur et dans sa valeur; pourvoir
«à, ce que le lieu du travail et l'habitation ne soient pas tel-
lement distants que le chef de famille, éducateur des en-
«fants, en vienne à se trouver presque étranger à sa propre
«maison; veiller par-dessus tout à faire renaitre entre l'êcole
«publique et la famille ce lien de confiance et d'aide mu-
«tuelle qui a porté, en d'autres temps, de si heureux fruits
«et qui se trouve aujourd'hui remplacé par la défiance là où
«l'école, sous l'influence ou sous la pression de l'esprit ma-
«térialiste, empoisonne et détruit ce que les parents avaient
«mis au coœur des enfants.»
Alors que le message de 1943 s'adressait aux dé-
cus qui avaient mis leur confiance dans un monde
sans Dieu, leur espérance dans la jouissance de la
vie terrestre, et encourageait les fidèles à chercher
dans la foi le réconfort dans les calamités de la
guerre, le message de 1944 était un immense cri
d'espérance. Pie XII salue l'aurore d'esperance, re-
mercie tous ceux qui l'ont aidé à maintenir et à
développer la croisade de charité entreprise par le
St-Pierre de Rome
„noncer au monde, désireux de
«formes meilleures et plus par-
«faites de démocratie, le messa-
«ge le plus élevé et le plus né-
«cessaire qu'il puisse y avoir:
«„la dignité de l'homme, la vo-
«cation à la filiation de Dieu.
Durant la guerre Pie XII
a exercé une activité paci-
ficatrice indéniable, ignorée
encore à l'heure actuelle
dq'un trop grand nombre de
chrétiens.
Et après la guerre Pie XII
a continué le même travail,
il reste le “pasteur angé-
lique*.
Il l'est gräce à sa person-
nalite bien marquée. Le
monde entier estime ses
qualités. Chrétiens, musul-
mans, paiens le respectent.
Toutes les nations voient
en lui, cette immense force morale — la plus gran-
de qui soit — messagère de vérité, de justice et de
charité.
En effet le royaume de Pie XII n'est pas de ce
monde. Le Pape est le serviteur des serviteurs de
Dieu, le docteur des consciences, le successeur de
Pierre, le pêcheur d'hommes auquel le Christ a
confié la charge des ames. De là ces belles ency-
cliques sur le corps mystique du Christ et la Li-
turgie. De là ses consignes aux jeunes gens:
„Vous serez une jeunesse sainte mais humble, qui sait
«qu'elle ne pourra, par ses seules forces, se soutenir et ré-
«sister aux ennemis intérieurs. Jeunesse par conséquent qui
«prie chaque jour et s'abreuve aux sources de la vie surna-
«turelle qui jaillissent abondantes dans l'Eglise du Christ.
«Jeunesse sainte, c'est-à-dire jeunesse pure, sans peur et
«sans reproche, sans peur parce due sans reproche. Quand le
«cœœur est pur, et nette la conscience, on a le droit de regar-
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