Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., J 3458,id-1949
Le Messager de l'est: Almanach pour 1949
Colmar, 1949
Seite: 87
(PDF, 29 MB)
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LE MESSAGER DE L EST

L'Empiré français hier et aujourd'’hui

LE MARQUIS DE MORES

Les jeunes n'ont peut-éêtre ja-
mais connu, ou ne se souviennent
plus même du nom d'un héros
d'épopée, le marquis de Morès,
qui vécut et mourut dans la se-
conde moitié du siècle dernier.
Figure de légende, croirait-on,
créée par l'imagination d'un
poète lyrique, ou grand baron des
chansons de geste . . . Les morts
vont vite et nous ne sommes
pas jaloux de nos gloires. En ap-
prenant la mort de ce preux
impavide, le roi d'Angleterre,
Edouard VII, s'écriait: «„S'il avait
été Anglais, je l'aurais fait vice-
roi !*» Nos gouvernants d'alors se
contentèrent de le trouver fort
encombrant et de témoigner
d'une indifférence étonnante vis-
à-vis de ses assassins.

Une biographie de ce chevalier
moderne fut publiée il y a une
quinzaine d'année par Charles
Droulers. Nous en adapterons ici
quelques passages parmi les plus
caractéristiques relatant cette vie
extraordinaire qui fut celle d'An-

toine de Vallombrosa, Marquis
de Moréès.

Commençons par le suivre à
travers certaines étapes de sa pro-
digieuse carrière.

A Saint-Cyr, Morès connait
plusieurs des chefs qui s'illustrè-
rent à la Grande Guerre et aussi
Charles de Foucauld. Après ses
deux années d'école, nommé
sous-lieutenant de cavalerie, il
arrive à Saumur en octobre 1879.
Saumur! le rêve de maint jeune
Français qui réêve de chausser les
éperons d'un Murat ou d'un Las-
salle. L'Ecole de Saumur, la pre-
mière école de cavalerie du mon-
de, que les étrangers nous envient
et ne peuvent égaler, car elle est
la fleur et le fruit d'une vieille
race militaire dont les rejetons

sont encore pleins de sêve et de

vigueur.
De grand matin, Moréès traver-
se la célèbre cour du Chardonnet,
vaste quadrilatère bordé par les

(1858—1896)

batiments de l'Ecole, l'hôtel du
général, les écuries, les manèges.
Il monte plusieurs heures à che-
val, puis se succèdent les cours,
les conférences, les exercices mi-
litaires, le dressage, l'escrime,
l'instruction technique. Le soir
venu, il se délasse avec son ami,
Charles de Foucauld.
Tous deux sont prompts à s'en-
flammer, à s'exalter pour les plus
nobles causes, toujours préêts à se
dévouer, mais supportant impa-
tiemment les observations et la
contrainte des règlements. IIs
sont francs, joyeux et follement
dépensiers. Leur chambre devint
célèbre par les excellents diners
et les longues parties de cartes
que l'on y faisait pour tenir com-
pagnie au puni, car il était bien
rare que l'un des deux occupants
ne fut pas aux arrêts. Une des dis-
tractions de Morès et du futur P.
de Foucauld consiste à se rendre
à Paris en se laissant choir du
pont du chemin de fer sur le
train. La tranchée est profonde à
cet endroit. Si ce tour d'adresse
était sans gloire, il n'était pas
sans péril!
Mais il y a autre chose dans
leurs moments de loisirs que des

beuveries et des escapades. Par
les belles matinées des diman-
ches, les deux amis s'engagent
dans les rues étroites de la vieille
cité, longent les maisons, qui
toutes, même les plus modestes,
sont construites avec cette pierre
du pays, blanche et tendre. IIs
grimpent jusqu'au châàteau dont
la masse imposante domine tou—
te la ville. Coulant tranquillement
sur un lit de sable, la Loire étale
ces teintes délicates, mélange de
gris et de rose, qui n'appartien-
nent qu'à elle. Morès s'attarde à
contempler ce pays bien français,
où la grâce tourangelle rencontre
la douceur angevine, pays d'or-
dre, d'harmonie, de mesure.
Déjà, cependant, cette vie fa-
cile, ce climat sans rigueurs, ce
pays vieillot, arpenté, loti, où il
n'y a plus rien à entreprendre, ne
peuvent satisfaire les deux jeunes
gens. Déjà ils perçoivent l'appel
qui les attire vers les continents
vierges, inexplorés, vers les espa-
ces illimités, où des täches surhu-
maines, des destins éclatants les
attendent.
Au sortir de Saumur en 1880,
la vie les sépare pour toujours.
Peu après Morès se marie et don-


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