Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/messager_est_1950/0107
.
*
X
=

*

LE MESSACGER DE L'EST 103

La robe brillait comme le soleil, et elle ré-
pandait au loin la bonne odeur du paradis.
Vous dire les transports du pauvre homme.
c'est bien en vain qu'on le tenterait. Eperdu
d'admiration, muet de reconnaissance, Jehan
continuait ses révérences lorsque depuis long-
temps déjà, saint Pierre avait refermé la porte.
Cela eüt pu durer encore, s'il n'’'eüt entendu
tout à coup comme un étrange bruit d'ailes et
vu s'abattre à ses côtés un ange?
Oui, ce ne pouvait être qu'un ange. Jehan
le comprit tout d'abord en le voyant si grand
et si fier. Mais au lieu d'être lumineux comme
celui qu'il avait vu d'abord, celui-ci était som-
bre, sombre comme la nuit.
— Eh! l'ami, dit Pange sombre, aà dui en
as-tu avec tes salamalecs. Serait-ce pour cette
robe de rebut que tu fais tous ces embarras?
Jehan le regarda d'un air à la fois crain-
tif et soupçonneux.
— Cette robe vient du bon Dieu et c'est
saint Pierre qui me l'a donnée.
— Saint Pierre s'est moqué de toi; que fe-
ras-tu de cette défroque? Jette-là par terre et
suis moi. J'ai pour toi quelque chose de mieux.
Cette fois, Jehan n'eut plus de doute: l'ange
sombre n'était autre que Satan.
De son bras gauche ser-
rant, pour la défendre, la
robe du bon Dieu sur sa poi-
trine, de la main droite, il
fit un grand signe de croix.
L'ange des ténèbres chan-
cela comme s'il et reçu un
coup violent; mais il se re-
mit bientôt, et prenant aux
veux de Jehan la forme sous
laquelle le démon, s'il faut
en croire les peintres du
meyen-äge, se montre aux
hommes; il déploya ses ai-
les de chauve-souris et s'éle-
va si vite et si haut, qu'en
moins d'une seconde il ne
fut plus que comme un im-
perceptible point dans l'es-
pace. Alors Jehan entendit
siffler dans l'air un horrible
ricanement, et une voix qui

qu'il allait causer à sa femme et à ses enfants.
quand, au bord du chemin qu'il suivait. il vit
tout à coup une belle et grande maison, au-des-
sus de la porte de laquelle était appendu uu
écriteau où l'on lisait en grandes lettres:
„Maison à vendre ou à louer»
Le propriétaire était sur le seuil, enveloppé
dans un manteau; lequel manteau, à vrai dire.
avait un aspect étrange: il ressemblait, mais
beaucoup, à des ailes de chauve-souris repliées.
Un grand cheval noir se trouvait prèês de lui.
Pourtant Jehan, dans ce moment la, n'y fit
Pas grande attention.
Comme il était bien disposé et d'ailleurs fort
honnête de sa nature, il salua lhomme d'un
sourire et d'un grand coup de chapeau.
— Bonjour, brave homme, dit le proprié-
taire;: vous me paraissez bien joyeux.
— Il y a de quoi, répondit Jehan.
Et oubliant qu'il était pressé, il fit halte devant
la maison et raconta à l'homme son heureuse
aventure.
— La robe est belle, reprit celui-ci quand il
l'eut examinée, mais elle est déjà usée. Et puis.
qu'en allez-vous faire? Ni vous ni vos enfants
ne pourrez la porter. Ce n'est pas d'ailleurs, il
me semble, d'une robe d'or qu'ils ont besoin,
mais bien d'un toit pour s'a-
briter.
– Comment, d'un toit?
s'écria Jehan. IIs sont, Dieu
merci, à l'abri de celui de
ma maison.
— De votre hangar, vous
voulez dire, repartit son in-
terlocuteur; quoi qu'il en
soit, je crois que vous vous
trompez. D'aprés ce que
m'a raconté tout à l'heure
un cavalier qui arrivait de
votre village, ce doit être à
votre maison que l'accident
est arrivé.
— Quel accident? fit Je-
han inquiet.
— Un coup de vent, re-
Pendit l'homme, l'a enlevéé
comme une ruche d'abeilles,
mais l'essaim est resté sur

n'avait rien d-humain, lui
parut malgré la distance,
murmurer à son oreille:
— Nigaud! Je te rattraperai.
Jehan ne s'en inquiéta pas trop. II connais-
sait maintenant par expérience le moyen de
chasser le diable, et il se promit bien de s'en
servir de nouveau si l'occasion s'en représentait.
Aussi, tout joyeux de sa bonne aubaine, et
portant bien respectueusement la robe d'or du
bon Dieu sur son bras, il hätait le pas pour
être plus töt chez lui. Et tout en marchant, il
se frottait les mains à l'idée de la belle surprise

Saint Pierre

place, et si ce qu'on raconte
est vrai, il est nombreux, par
ma foi!
De saisissement et de deuleur les bras tom-
bèrent au pauvre Jehan.
— Ecoutez, camarade, reprit l'autre, je com-
pätis à votre chagrin et je veux vous venir en
aide autant qu'il depend de moi. Comme je
viens de vous le dire, ce n'est pas une robe qu'il
vous faut, c'est une bonne maison. Prenez
celle-ci, et pour vous obliger, je m'arrangerai
de la robe.

Jehan crut l'homme et se laissa tenter.


Zur ersten Seite Eine Seite zurück Eine Seite vor Zur letzten Seite   Seitenansicht vergrößern   Gegen den Uhrzeigersinn drehen Im Uhrzeigersinn drehen   Aktuelle Seite drucken   Schrift verkleinern Schrift vergrößern   Linke Spalte schmaler; 4× -> ausblenden   Linke Spalte breiter/einblenden   Anzeige im DFG-Viewer
http://dl.ub.uni-freiburg.de/diglit/messager_est_1950/0107