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LE MESSAGER DU RHIN

pardonne! » s'ecrie-t-il. Et dans son desespoir tout
l'epouvante : il revoit la terrible scene, il entend les
os de son frere craquer, il voit jaillir son sang. II
etend convulsivement les mains et les retire avec
terreur : elles ont trempe dans le sang fraternel.

Onze heures sonnent. II s'eloigne de ce lieu et
gravit peniblement la pente; il arrive au chemin et
se dirige vers la porte. II entend marcher pres de
lui; c'est im homme d'armes. Dieu, est-ce une Illusion
, est-ce im fantome poursuivant dejä le crimi-
nel? II voit Albert, il reconnait son.arrhure; il pous-
se im cri et tombe. Bientot im bras faible le souleve
et une douce voix le rappelle ä la vie. II a vite re-
connu la voix : c'est Clotilde. A sa vue, il retrouve
ses forces, la repousse et sans chercher ä compren-
dre s'enfuit vers le chäteau.

Et Clotilde suit toute tremblante le chemin des
sapins et se rend au lieu indique par Albert. Personne
. Elle attend et rien ne vient. Raoul l'a sans
doute surpris et il n'a pu sortir du chäteau; mais
pourquoi n'est-il pas venu s'opposer ä son depart?
Non, Albert a reussi, Harold est sauve, et Raoul
s'en est aperc'u trop tard et revenait d'une recher-
che inutile quand eile l'a rencontre. Mais oü trou-
ver son pere et son liberateur? Clotilde a peur,
seule au milieu des bois; puis eile pense ä Leopold
et se dirige vers la cabane; peut-etre y ont-ils
cherche asile? Apres une penible marche dans la
nuit, eile arrive et frappe. La voix de Leopold lui
repond. Elle se nomine, et le vicillard, apprenant la
cause de cette arrivee, se decide ä monter au chäteau
au petit jcur.

Qu'elle fut longue, cette terrible nnit, surtout
pour Raoul! Des cauchemars terribles l'assaillerit
dans son lit des qu'il ferme les yeux. Albert est
assis pres du lit, le bras sur l'oreiller, et le regarde.
Raoul veut lui prendre la main, mais ne saisit que
de l'air; cependant Albert est toujours lä, ses yeux
contemplent Raoul, sa bouche s'entr'ouvre et dit :
«Raoul, Raoul, c'est moi! Jusqu'au moment oü je
devais mourir selon les lois de la nature mon äme
errante restera pres de toi. Je te suivrai partout,
invisible ä tout autre. » — « Ah! tue-moi plutöt! »
— « Je ne le veux ni ne le peux. » — « Albert, va-
t-en! » — « C'est le mot que tu m'as dit avant de
me precipiter dans l'abime. » — « Cesse au moins de
me rappeler mon crime, j'ai assez de remords! »

II s'elance hors de la chambre, traverse le chäteau
, la cour, se retourne et voit le fantome lui
montrant le haut du rempart. II se jette ä terre en
criant. Les gardes accourent, se pressent autour de
lui. l'interrogent, mais le fantome est toujours lä!
« Qu'on me laisse! » dit alors Raoul, et il se rend ä
sa chambre oü il ferme les yeux pour ne plus rien
voir. Mais la voix se fait toujours entendre :
«Raoul, je suis lä! » Le jour arrive et le fantome
ne l'a pas quitte. A table, ä l'eglise, dans ses cour-
ses ä cheval, partout, ä toute heure, Albert est pres
de lui et lui dit : « Raoul, je suis lä! »

Son malheur devait etre plus grand encore. Clotilde
, pendant que Leopold se rendait au chäteau,
pensait qu'Albert, en voulant sauver Harold, pou-
vait etre tombe dans le precipice. Elle remonta donc

vers ce lieu, trouva les traces de sang que Raoul
avait laissees et finalement, sans penser ä im crime
odieux, se trouva devant le cadavre d'Albert. Ne
pouvant survivre ä son ami, eile se perca le sein
avec l'epee de celui-ci et mourut sur son corps en
repetant les mots d'Albert : « Nous avons dormi
dans le meme berceau, nous dormirons dans la
meme tombe. »

Raoul avoua tout ä Leopold et lui dit : « Que ne
m'as-tu laisse dans l'ignorance de ma naissance!
J'aurais encore im frere et une sceur, et ce terrible
remords ne me poursuivrait pas! Tout est fini pour
moi.

— Mon enfant, repondit Leopold, les prieres du
coupable repentant montent vers le ciel et peuvent
lui apporter la gräce. Tu ne peux rendre la vie ä
ton frere, mais tu peux apaiser son äme en execu-
tant son dernier desir : en vengeant Wolfelin de la
facon dont il voulait le venger.

— Je te comprends, reprit Raoul; et je ferais
plus : ce sejour m'est odieux et j'y renonce pour
toujours. »

II alla delivrer Harold et lui dit : « Je te laisse la
liberte et la vie. Tu continueras d'habiter ce chäteau
ä condition que tu remplisses le vceu de Wolfelin
: que tes vassaux soient libres et heureux.
Fais-en le serment et tu ne me verras plus. »

Harold le jura. Mais il ne put jouir de sa vie. A
la nouvelle de la mort de Clotilde, son cceur fut
touche, et la douleur morale abregea ses jours.

Quant ä Raoul, il se retira chez Leopold. Lä,
pour apaiser les mänes de sa mere et des siens, il
construisit une chapslle en l'honneur de saintc
Gertrude, oü im tombeau renferma les restes de
Clotilde et d'Albert.

La legende dit que le jour oü ce lieu fut consacre
le fantome cessa de tourmenter Raoul et qu'il ne
revint que pour lui annoncer le pardon de Dieu,
louer ses vertus et lui en montrer la recompense.
Des lors Raoul tressaillait de joie lorsqu'il enten-
dait en lui-meme la voix d'Albert lui dire : « Raoul,
je suis lä! » o. Pisot.

I/E SAPIN

par Alfred Dcnu

Dans la penombre de la foret
Droit comme une fleche,
Haut, souple, lisse,

Le sapin s'elance Comme lui

Vers les rayons du soleil. Marche tout droit

Vers la lumiere, le bonheur

Qui est dans la perfection.

Ne souffre pas que tu sois deracine

Par les tempetes de la vie.

Ne perds pas courage

Si le chemin est long;

Comme le sapin Comme le sapin

Garde sa verdure Va droit au soleil !

Meme dans le rüde hiver,

Täche de conserver,

Dans les tourments de la vie,

Ton courage, ton espoir

Et la verdure de ton ideal.


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